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Le Pire du Troupeau

VilleRoubaix
àThéâtre Pierre de Roubaix, Roubaix
ProvinceNord (59)
Date17/11/2017
Heures20:30
CategoriaÉvénements
Page Officielle
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Roubaix
Théâtre Pierre de Roubaix, Roubaix
Nord (59)
Tel 2017-11-17
Categoria Événements

L'association MAGMA Présente : LE PIRE DU TROUPEAU de Christophe HONORÉ / mise en scène Kevin GROLEZ SHARMA Vendredi 17 Nov 2017 à 20h30 Théâtre Pierre de Roubaix 78 Bv de Belfort ROUBAIX tarifs : 8/6€ >> Early Birds pour les premières réservations . Le pire du troupeau, c’est-à-dire de la famille, cela pourrait être le père. Le père qui vivote depuis la mort de son deuxième fils, le père qui espère que son premier fils ne partira jamais, ou que son dernier fils le respecte et l’admire. La pire du troupeau, c’est sans doute la mère, qui revient de son cours de danse africaine, fleurit la tombe de son fils mort, essaie de parler et d’exister dans le peu qu’il reste de la famille. Mais le pire du troupeau, cela peut tout aussi bien être Chino, le fils aîné qui manque de courage, qui porte le deuil de ses parents comme un fardeau, tout comme l’illusion de son propre départ.

Heureusement qu’il lui reste son meilleur ami Richard. A moins que le pire du troupeau, cela ne soit Anton, le petit dernier. Anton qui est le metteur en scène de sa propre vie, mais aussi de celle de ses parents et de son frère. Anton qui n’a jamais fini de jouer. A sa décharge, grandir et évoluer au sein d’une famille endeuillée, cela doit laisser des traces…. A propos de la pièce et de sa mise en scène : Le thème de la famille est universel. Chacun d’entre nous provient d’une rencontre, d’abord instituée entre deux êtres, puis d’une histoire. Histoire de vie qui devient ensuite histoire familiale… La pièce de Christophe Honoré illustre parfaitement la notion de « cellule familiale », qui évoque à la fois un lieu clos de sécurisation et au sein duquel un être peut grandir, évoluer, mais tout autant un lieu d’enfermement : les barreaux symboliques étant alors le devoir familial.
La nécessité d’être en relation avec les autres membres de sa famille, que l’on n’a pourtant pas choisis. Que l’on subit, même parfois. La famille devient alors un lieu asphyxiant, anxiogène, toxique, qu’il est cependant difficile de laisser derrière soi : partir, quitter sa famille s’avère une mission difficile, presque impossible pour qui n’a pas eu les repères essentiels pour grandir et vivre sa propre vie d’adulte… L’humour est omniprésent au sein de cette famille déstructurée par la perte de l’un de ses piliers, celui du milieu, comme pour masquer un mal de vivre constant, que chacun s’affaire à masquer dans la routine quotidienne, remplie de journées de cours au collège pour Anton, de pseudos matchs de boxe entre Chino et le père, ou de cours de danse africaine à l’autre bout de la ville pour la mère.
Cette ironie permanente est contrastée par les évènements dramatiques vécus dans le passé, dans l’histoire familiale. Ainsi, les enfants cachent la relation entre Richard et leur frère défunt dans leurs entrailles, comme un secret mal gardé mais dont personne n’a le droit de parler. Dans ce contexte, le retour de Richard, en quête de rédemption, fait office de bouleversement dans l’ordre familial établi, l’ordre dont seule la vache du pré voisin se moque éperdument. Richard revient car il revendique sans doute lui aussi une place au sein de cette famille. Y amener ses propres dysfonctionnements n’en devient dès lors que plus logique. Dans cette mise en scène de la pièce, Bernardo est toujours présent. Finalement, quoi de plus logique, puisque dans l’état actuel des choses, il est toujours là, comme coincé dans la tête de chacun des personnages ? Il apparait donc, tel un fantôme, lorsque le besoin s’en fait sentir.
Lorsque le spectateur a tendance à oublier que c’est lui, le maillon manquant de l’histoire familiale. C’est lui, la chaise vide à table. C’est lui, la chambre vide, dans laquelle le lit est fait. Le jeu est prédominant également. Le père et la mère se prêtent au jeu de rôle initié par Anton, qui leur propose indirectement de revivre le début de leur histoire, de leur rencontre amoureuse. Chino et le père jouent à la boxe, tous les jours. Chino joue lui-même le rôle du fils aîné, en charge du reste de la famille, mais ce rôle le dépasse. Anton, lui, se barricade, joue avec la télécommande de sa chaîne HI-FI. Tel un marionnettiste, il manipule ses parents, jusqu’au ridicule. D’une certaine manière, c’est lui, le metteur en scène de cette parodie de vie familiale ordinaire, qu’il dénonce comme une mascarade.
Anton se réfugie donc dans un monde rempli de jouets, comme un refus de grandir. Peut-être même sa volonté est-elle d’arrêter de grandir, il a de toute évidence poussé bien trop vite au sein de cette famille….






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